En France, le développement durable commence à trouver sa place dans les écoles de gestion
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mik
Les jeunes managers français qui sortiront ces prochaines années des écoles de gestion seront-ils plus "verts" que leurs aînés ? La plupart des écoles en conviennent : si la question écologique n'est plus ignorée, l'approche "durable" dans toutes ses dimensions - la responsabilité environnementale mais aussi sociale et sociétale des entreprises - commence à peine à sortir du ghetto des options dans lequel elle était confinée jusqu'à présent.
"Tout reste très lié à la sensibilité de chaque professeur à la question", admet Olivier Delbard, professeur à l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP) Europe. Chaque discipline avance à un rythme différent. En marketing, impossible de passer à côté de la communication verte. La fonction achats est chamboulée. Sans grande surprise, la finance fait de la résistance.
"Les efforts sont réels, les écoles de management étant encore plus motivées que les écoles d'ingénieurs", assure Jacques Brégeon, de la Conférence des grandes écoles (CGE). Après s'être concentrées sur la gestion écologique des campus pour se mettre en conformité avec l'article 55 de la loi Grenelle 1 ("Les établissements d'enseignement supérieur élaboreront, pour la rentrée 2009, un plan vert pour les campus"), les institutions d'enseignement supérieur travaillent à l'élaboration d'indicateurs de développement durable sur les contenus.
Preuve que la contamination est en cours : "On appelle la commission développement durable le virus, car on essaie de rentrer partout", plaisante Jean-Michel Carteron, professeur à Euromed Marseille, une des écoles qui a le plus intégré ces questions dans ses enseignements fondamentaux.
"Social business"
La demande des étudiants, elle, est incontestable. "Ils se posent beaucoup de questions, sur l'éthique, la responsabilité", confirme M. Delbard (ESCP Europe), alors que HEC se montre "assez surprise" du succès enregistré par le certificat (100 heures de cours) lancé cette année sur "entreprise et pauvreté" ou celui sur l'énergie et la finance carbone il y a deux ans.
Partout, la graine du développement durable était déjà semée mais la crise a joué le rôle d'engrais. "Les enseignants ont été perturbés par la crise financière, qui a accéléré le besoin de changement", assure Michel Kalika, directeur de l'Ecole de management de Strasbourg. Les audits vont bon train : HEC a passé ses cours au peigne fin avec l'expert en énergie Jean-Marc Jancovici, l'Essec vient d'engager une étude auprès de ses professeurs pour savoir sur quels exemples ils s'appuient en matière de développement durable...
La difficulté vient du fait qu'il ne s'agit pas d'ajouter un cours ici ou là mais de "remettre en question le modèle tout économique et tout financier", souligne Thierry Sibieude, professeur à l'Essec. "La version light consiste à verdir tout ce que l'on fait ; la version forte nous oblige à revoir les valeurs : il va bien falloir qu'on s'interroge sur le principe de croissance", estime Jacques Brégeon.
Les enseignants ne sont toutefois pas les seuls à résister à ce changement de perspective. Le marché du travail est également en cause. "Les écoles doivent à la fois enseigner les règles d'aujourd'hui tout en leur transmettant les éléments conceptuels les préparant à un nouveau monde", résume M. Brégeon.
D'où une certaine prudence des grandes écoles, qui redoutent d'entraîner leurs étudiants dans des impasses. "J'ai refusé de monter une formation développement durable car il n'y a pas de job", explique M. Sibieude. Ce qui n'est pas le cas du mastère spécialisé monté par HEC, fréquenté, il est vrai, aux deux tiers par des ingénieurs.
Une troisième voie semble s'ouvrir en termes d'emplois avec le "social business". "Les étudiants ne sont plus tiraillés entre associations et entreprises comme dans l'humanitaire, il est devenu possible de faire du business avec une dimension sociale", souligne Bénédicte Faivre-Tavignot, professeur à HEC. L'offre de stages de grandes entreprises comme Danone, Schneider ou Essilor dans ce domaine le confirme, affirme-t-elle.
Brigitte Perucca Le monde
Le 20/07/2010
à 12 : 39 : 55
Les villages vacances écolos plébiscités par les Français
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mik
Oubliées les chambres d'hôtel climatisées à 18°C alors que le thermomètre affiche 35 degrés dehors! Adieu les 12.000 km en avion pour une semaine à la mer! Terminés les mangues du Pérou et le sel de l'Himalaya! Avec les villages vacances écolos, de plus en plus de nos concitoyens se recentrent sur les contrées hexagonales, les produits locaux et les sorties culturelles.
«Le tourisme vert est une tendance forte, analyse Hervé Novelli, le secrétaire d'État au Tourisme. Les Français redécouvrent les destinations rurales de proximité qui, pour se distinguer, doivent offrir des hébergements nouveaux.» Il faut dire que la situation socio-économique est porteuse. Aux restrictions budgétaires qui touchent les familles, s'ajoute un besoin de vivre ses vacances autrement. Sans polluer ni trop consommer.
Au village Louis Forestier, situé près d'Hossegor (Landes), à 400 mètres de la plage, on vit près de la nature depuis les années 1990. Mais attention, précise Olivier Venries, son directeur, «ici, ce n'est pas beauf comme dans le film Camping!». Ce village, créé en 1949 par la Fédération des œuvres laïques du Lot dans le but de favoriser le départ du plus grand nombre en vacances à la mer; enseigne «comment observer plutôt que ramasser». Et il place la découverte de l'écosystème des Landes au cœur de ses préoccupations. Ici, les ampoules sont basse consommation, les déchets triés, les produits locaux et ceux issus du commerce équitable privilégiés. Les enfants ne vont pas au club Mickey mais apprennent à faire des herbiers. «Nous organisons des animations qui permettent de mieux comprendre l'environnement», résume Olivier Venries.
L'eau de pluie est récupérée
Dans les villages vacances verts, «il n'y a pas de concours de tee-shirts mouillés, ni de bobs Ricard», insiste Céline Bossanne, la cofondatrice d'Huttopia qui loue cabanes, roulottes et tentes canadiennes dans des sites protégés, en pleine nature. Amateurs de karaoké et amoureux du bitume s'abstenir! Dans les sites de Rambouillet (Yvelines) et de Senonches (Eure-et-Loir), les piscines sont naturelles, c'est-à-dire sans chlore, et les cabanes construites en bois non traité. Dans les douches équipées de réducteurs de débit, les patrons affichent chaque semaine la consommation d'eau par vacancier «pour les sensibiliser», confie la gérante. Dans le prochain site qui ouvrira l'été prochain dans la Drôme, les toilettes seront «sèches». En attendant, l'eau de pluie est récupérée pour éviter d'utiliser de l'eau potable dans les toilettes. «À notre petit niveau, nous essayons de faire bouger les choses avec des actions concrètes», explique encore Céline Bossanne, qui milite pour que les vacanciers ne passent pas leurs journées à la piscine mais pour qu'ils partent découvrir les régions alentours.
Défendre ses idées a un coût. Si les villages Forestier accueillent des familles envoyées par le Secours populaire plutôt que du personnel enseignant, Huttopia pratique des prix plus élevés que les campings traditionnels. À Font-Romeu (Pyrénées), l'emplacement pour deux personnes est de 23,60 euros la nuit contre 11 euros chez les non- «écolos».
Le Figaro
Le 17/07/2010
à 12 : 16 : 51
Comment améliorer le bilan carbone du Monde interactif ?
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mik
23 000 tonnes équivalent CO2émises en 2009. L’équivalent de 11 500 allers-retours Paris-New-York par an. Le chiffre fait mal. Comment dès lors parvenir à le diminuer ? Cela a fait l’objet d’un brainstorming de deux heures avec Altadev.
Les émissions induites par les lecteurs (94,55 % du bilan), sont les premières à être analysées. Rien que le matériel des internautes du Monde Interactif représente 19 092 t éq CO2 ! Comment agir alors qu’on ne maîtrise pas ce paramètre ? C’est la question la plus délicate. “Nous nous retrouvons dans une situation schizophrénique, lance Charlotte Billot, directrice marketing. Notre but est d’augmenter notre nombre de lecteurs et, vous, vous nous demandez de diminuer leur part dans nos émissions de CO2 !” “L’objectif n’est pas dire :‘vous devez arrêter votre activité’, répond Jérôme Soistier, président d’Altadev. Mais de prendre un indicateur indépendant des éléments structurels de croissance comme une page vue et de travailler dessus. Ce qui est intéressant dans votre bilan carbone, c’est que vous pouvez intervenir sur l’extérieur. Il faut en profiter.”
Dans ses recommendations, Altadev propose en effet de “conseiller les lecteurs sur les économies d’énergie (via calculateur en ligne, serious game…), de leur apporter des recommandations sur le choix de matériel (neuf ou d’occasion), la durée d’utilisation et la revalorisation des produits”. Des idées qui sont difficilement applicables pour Célia Mériguet, rédactrice en chef au Monde.fr : “Nous pouvons avoir une démarche d’information mais pas de prescription. Ce n’est pas ce que les lecteurs attendent de nous. En revanche, nous pourrions aborder plus largement les thématiques environnementales : par exemple, les nouvelles technologies sont très rarement traitées sous cet angle. Nous pourrions également envisager un blog des bonnes pratiques écologiques.”
La discussion s’engage autour de cette idée. Chacun donne son avis. Autant la première réunion de présentation des résultats a été poussive, autant cette seconde réunion est animée. Les idées surgissent, sont débattues, enrichies avant d’être arbitrées. Vient le tour du bouton “imprimer”, proposé sur la page article. A lui seul, en 2009, il représente 80 tonnes éq CO2, soit l’équivalent de 300 kilomètres réalisés par une Twingo essence.
Si certains auraient bien voulu en profiter pour signer son arrêt de mort, il a finalement été imaginé d’aposer un message en haut de la fenêtre pop-up qui s’ouvre. Pour réduire la place occupée lors de l’impression, le logo a également été réduit, la police transformée et des éléments supprimés. Voilà ce que ça donne :
Si Jérôme Soistier reconnaît que nous ne maîtrisons pas le paramètre “lecteurs”, il propose d’envisager une compensation de leurs émissions de CO2. Cela consiste à “financer un projet de réduction des émissions de gaz à effet de serre ou de séquestration du carbone : énergie renouvelable, efficacité énergétique ou de reboisement, qui permettra de réduire, dans un autre lieu, un même volume de gaz à effet de serre”, explique l’Ademe sur un site dédié.
“Par exemple, on peut imaginer que dans un jeu-concours qui fasse gagner un voyage, la compensation carbone du voyage soit comprise”, avance Jérôme Soistier. Une idée qui enthousiasme Charlotte Billot, qui imagine déjà des déclinaisons marketing. Sophie Gérion, responsable comptable, est plus sceptique : “J’ai vu une émission là-dessus qui disait qu’il y a pas mal d’arnaques dans ce domaine.” Le sujet fait en effet débat, comme l’explique cet article de Terra Eco. Jérôme Soistier entend l’argument : “Mieux vaut s’adosser à des programmes qui existent déjà. Nous pourrons vous en conseiller.”
Une réflexion est aussi engagée sur le poste “achat d’informations”, qui représente près de la moitié des émissions du bilan carbone hors lecteurs (536 t éq CO2). En cause notamment les dépêches d’agence (AFP, Reuters ou AP), disponibles pour les journalistes en interne mais aussi sur le site. “On va de plus en plus vers la personnalisation de l’information, intevient Célia Mériguet.Ca me semble difficile de réduire ce volume.” “On peut quand même regarder à quoi ça correspond et voir si on peut un peu rationnaliser tout ça”, ajoute Charlotte Billot.
Autre poste important d’émissions : les serveurs informatiques. Avec 210 t éq CO2, Akamaï, une société à qui nous achetons de la bande passante et qui nous permet de gérer les aléas du trafic, arrive en tête. “Le fait d’externaliser est déjà un très bon choix”, commente Jérôme Soistier. “D’autant que cette société communique aussi sur ses résultats en matière énergétique”, précise Arnaud Guérin. Concernant nos propres serveurs, certains aménagements pourraient être faits, notamment dans le data-center de Vitry-sur-Seine, reconnaît Olivier Dupuis, responsable “architecture” du site.
Jérôme Soistier pose aussi la question de la virtualisation des serveurs, une solution qui permet de mutualiser plusieurs serveurs sur une même machine pour libérer des ressources. Autre idée : le cloud-computingqui consiste à utiliser des capacités de stockage et de calcul en ligne. Face à ces propositions, Olivier Dupuis se montre plus réservé. “Ce serait effectivement possible mais c’est un autre savoir-faire. C’est à l’étude.”
“Il faut maintenant que les critères environnementaux rentrent dans la mesure du possible dans vos choix de fournisseurs”, ajoute Jérôme Soistier. Idem pour le choix du matériel. Quant à la fin de vie des machines, Altadev nous encourage à s’assurer qu’elles trouvent bien une seconde en vie. Ce qui est fait la plupart du temps, via des dons aux associations.
Les déplacements domicile-travailsont aussi passés à la loupe. Il est proposé d’encourager les salariés à venir en vélo via une subvention Vélib. Concernant les transports en commun, Sophie Gérion rappelle que le remboursement de la carte orange se fait pour tous les salariés sur la base de quatre zones. “Et le co-voiturage, ça vous semble jouable ?”, interroge Jérôme Soistier.
Dernier poste abordé : le bâtiment. Nous occupons un étage de l’immeuble du 80 bd Blanqui à Paris. Comme le montre le graphique ci-dessus, la consommation énergétique y est vraiment mauvaise. “Ca mérite qu’on s’y penche, souligne Arnaud Guérin. Il faudrait déjà commencer par un audit thermique et par installer des sous-compteurs.” Et quand on part du G, on ne peut que progresser !
Résultats : pas mal de pistes d’action sont dégagées. De l’avis de tous, la réunion a été fructueuse. “J’ai trouvé qu’il y avait une implication forte de l’équipe,analyse Jérôme Soistier. On sent que les salariés se sont emparés du projet.” Reste maintenant à convaincre la direction.
Raphaëlle Besse Desmoulières Le monde
Le 15/07/2010
à 00 : 33 : 30
Voyage au bout de la nuit pour le premier avion solaire
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mik

L'avion solaire expérimental Solar Impulse vient de franchir un cap. En réussissant son premier vol de nuit dans le ciel suisse dans la nuit de mercredi à jeudi, sans utiliser la moindre goutte de carburant, l'appareil a presque montré qu'il pouvait voler indéfiniment en rechargeant ses batteries en vol. Après avoir décollé sans encombres mercredi matin, il a réussi à emmagasiner assez d'énergie solaire pendant la journée pour voler toute la nuit, bouclant ainsi un vol marathon de 26 heures. Il aurait encore fallu attendre jeudi soir pour voir si le niveau de charge des batteries pouvait revenir à leur niveau de la veille à la même heure. Auquel cas l'avion aurait sans nul doute pu poursuivre sa route pendant très, très longtemps. Ce cycle complet de 36 heures est le prochain objectif du directeur de projet, l'explorateur suisse Bertrand Piccard. Son rêve de tour du monde complet en 5 étapes en 2013 ou 2014 est donc toujours d'actualité.
Le prototype, d'une envergure de plus de 60 mètres pour un poids de 1600 kilos, a des ailes recouvertes de 12.000 capteurs solaires qui viennent alimenter ses quatre moteurs électriques de 10 chevaux chacun. Des batteries de 400 kilos ont permis d'emmagasiner l'énergie nécessaire au vol de nuit. L'avion, qui tient plus du planeur que du Boeing 747 ou de l'avion de chasse, a ainsi pu propulser son pilote à une vitesse de 70 km/h environ pendant toute la durée de la nuit. Au petit matin, ses batteries avaient encore suffisamment d'énergie pour continuer le vol et reprendre de l'altitude. Le pilote suisse André Borschberg a toutefois joué la sécurité et suivi ce qui était prévu en posant son appareil à 9 heures précises. «J'ai l'impression d'être encore en l'air, d'être loin depuis tellement longtemps a-t-il témoigné en sortant de son cockpit. Si l'avion est durable, il faut que le pilote le soit aussi !» Après 26 heures passées à bord de l'appareil sans dormir - il ne dispose pas de pilote automatique - et dans des températures parfois extrêmes qui l'ont empêché de boire (à - 20°C à 8.700 mètres ses réserves d'eau avaient intégralement gelé), le pilote avait les traits tirés en dépit de sa mine réjouie.
Un nouveau prototype deux places doit être mis au point dans les mois qui viennent en prévision de la tentative de tour du monde de Bertrand Piccard. L'objectif n'est pas de montrer que l'avion du futur sera solaire, mais de faire en sorte que «plus personne ne puisse prétendre qu'on ne peut pas utiliser les énergies renouvelables pour les voitures, les chauffages, la climatisation ou l'industrie», expliquait l'explorateur lorsqu'il avait présenté son prototype pour la première fois.
Le figaro
Le 12/07/2010
à 20 : 32 : 39
Jean-Louis Borloo veut remettre "La Boudeuse" à flot
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Jean-Louis Borloo veut "tout faire" pour remettre à flot La Boudeuse en septembre, a déclaré Patrice Franceschi, capitaine du trois-mâts d'exploration, après une rencontre avec le ministre de l'environnement. "Il m'a dit sa volonté très claire d'essayer de tout faire pour rebâtir financièrement la mission et permettre son redémarrage au mois de septembre" dans le cadre du Grenelle de la mer, a-t-il expliqué.
Après une première exploration scientifique sur les fleuves de Guyane au mois de mai, la mission avait été interrompue le 2 juin en raison d'un endettement massif "dû au non-versement par l'Etat de 500 000 euros qui lui avaient été promis", selon le capitaine du bateau. "C'est un point positif, un pas en avant", a estimé le capitaine de la goélette qui est toujours immobilisée dans la base de la marine nationale à Fort-de-France en Martinique.
LA SOUSCRIPTION NATIONALE MAINTENUE
Au départ, la mission Terre-Océan – ainsi que le précisait une lettre officielle de l'Etat, signée par Jean-Louis Borloo – devait, pendant au moins deux ans, conduire l'équipage de marins et chercheurs dans les estuaires de l'Amazone, du Parana, puis dans les canaux de Patagonie et enfin en Polynésie.
Après son entrevue avec le ministre, Patrice Franceschi a néanmoins précisé qu'il maintenait la souscription nationale lancée mardi, afin de "proposer aux citoyens de se substituer aux politiques pour la continuation de cette mission d'intérêt général, tant par ses réalisations scientifiques concrètes que par les perspectives sociales et humaines qu'elle implique". "Cette souscription n'a pas pour but d'éponger les dettes, mais bien de reprendre la mer", a souligné le capitaine de La Boudeuse qui espère ainsi recueillir un million d'euros.
Le monde
Le 10/07/2010
à 18 : 12 : 38
Report du vol historique de l’avion Solar Impulse
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Le vol historique de l'avion Solar Impulse, qui devait tester les capacités de l'engin propulsé à l'énergie solaire à voler de nuit, a été reporté en raison d'un problème technique, ont indiqué jeudi 1er juillet ses organisateurs.
"Une défaillance est survenue sur une pièce essentielle de l'avion", a expliqué l'explorateur suisse Bertrand Picard, à l'origine de l'aventure de cet avion sans pareil. Son porte-parole a précisé à l'AFP qu'il s'agissait d'une pièce de télémétrie tombée en panne mercredi soir.
"Nous avons dû reporter le décollage à un autre jour, la pièce qui doit être remplacée sur le système télémétrique n'est pas compatible" avec l'actuel système, a ajouté Bertrand Picard lors d'un point de presse sur la base militaire de Payerne (ouest de la Suisse) d'où l'avion devait décoller jeudi matin pour un vol de 25 heures.
"C'est une grande déception pour nous mais cela rendra notre prochaine tentative plus réaliste", a assuré le concepteur de l'avion profilé comme une libellule, avec des ailes de l'envergure de celles d'un Airbus A340 (63,40 mètres) et un poids plume de 1.600 kilos.
Des cellules photo-voltaïques comme source d’énergie
Bertrand Picard n'a pas été en mesure de préciser à quelle date la prochaine tentative pourrait avoir lieu, une fois les réparations faites, en raison des conditions particulières nécessaires pour une telle expérience.
"J'espère que ce sera le plus rapidement possible, car la fenêtre pour un vol de nuit se terminera fin juillet, début août", a-t-il ajouté faisant valoir que c'était le premier revers subi par l'équipe en sept ans de travail.
Le Solar Impulse est un prototype unique en son genre qui utilise comme seule source d'énergie les quelque 12.000 cellules photo-voltaïques recouvrant ses ailes et qui alimentent les quatre moteurs électriques d'une puissance de 10 chevaux chacun. Elles permettent aussi de recharger ses batteries lithium-polymère de 400 kg.
L'avion a effectué son premier vol de jour le 7 avril et en a réalisé depuis une dizaine d'autres.
Il devait tenter jeudi une nouvelle étape historique de son aventure révolutionnaire, destinée à démontrer la capacité de l'engin à voler de nuit. Un test crucial pour le tour du monde que l'équipe espère réaliser d'ici trois ans.
Les conditions météo étaient pourtant particulièrement favorables avec un temps estival sur la Suisse. L'avion a en effet besoin d'une météo très clémente pour voler: peu ou pas de vent pour ne pas déstabiliser l'appareil et un ensoleillement important pour charger ses batteries avec les panneaux solaires.
(Nouvelobs.com avec AFP)
Le 07/07/2010
à 00 : 13 : 27
De la peinture blanche contre la fonte des glaciers andins
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mik
En badigeonnant les rochers qui se trouvent autour du glacier Chalon Sombrero, un ingénieur espère générer du froid et restaurer ce qui sert de réservoir d'eau pour les villages locaux.
Vu d'avion, certains s'imagineront sans doute observer une de ces œuvres d'art grandeur nature dont seuls quelques artistes ont le secret. D'autres s'étonneront peut-être d'un retour subit et localisé de neiges éternelles. Ils se tromperont : à 4700 mètres d'altitude au sommet des Andes, la blancheur immaculée obtenue avec de la chaux qui devrait rapidement recouvrir 70 hectares de pointes rocheuses à une vocation toute scientifique : faire revivre un glacier. À l'origine de ce projet titanesque aux résultats plus qu'incertains, un ingénieur, Eduardo Gold, qui a réussi à entraîner la Banque mondiale dans cette aventure en obtenant 200.000 dollars, ce qui n'est sûrement pas le moindre de ses mérites. Le principe est connu : alors que les couleurs sombres absorbent les radiations solaires et emmagasinent la chaleur, le blanc réfléchit les rayons.
En badigeonnant les rochers qui se trouvent autour du glacier Chalon Sombrero, l'homme espère générer du froid et restaurer ce qui sert de réservoir d'eau pour les villages locaux. Bernard Francou, chercheur à l'IRD et spécialiste des glaciers d'Équateur est sceptique : «Il s'agit d'un projet sans doute inefficace sans oublier les risques de pollution.» Il n'empêche, ce genre d'idée fleurit. Steven Chu, le secrétaire d'État américain à l'Énergie, ne suggère-t-il pas de peindre en blanc tous les toits de New York ? À quand le Grenelle des glaciers !
Le figaro
Le 03/07/2010
à 21 : 02 : 25
L'Europe ne sera pas un terrain de jeu pour les OGM
Par
mik
Le commissaire européen à l'environnement, Janek Potocnik, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 1er juin 2010.
Quelle mouche a piqué le commissaire européen à l'environnement, Janez Potocnik ? En six mois de mandat, le Slovène a déjà menacé de sanctions et de poursuites judiciaires pas moins de quinze Etats membres, pour non-respect de règles communautaires. Dernière en date, la Belgique s'est vue assignée devant la Cour de justice de l'Union européenne le 24 juin pour ne pas avoir mis aux normes son système de traitement des eaux usées.
Le signe d'un durcissement de la politique de l'environnement dans l'Union ? Pas sûr. Des associations s'inquiètent de l'attentisme de M. Potocnik, en matière de pollution de l'air notamment. Et l'ancien commissaire à la science et à la recherche se montre ouvert à la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM), à propos desquels la Commission doit présenter une proposition le 13 juillet. M. Potocnik appelle en revanche de ses voeux l'instauration d'une taxe carbone européenne, instrument, selon lui, d'une "refonte de l'économie".
Pourquoi tant de zèle à sanctionner les Etats membres ?
La qualité de l'environnement ne découle pas seulement de la qualité de la législation, mais de la façon dont elle est mise en oeuvre. Et s'il y a bien quelque chose qui ne manque pas en Europe, ce sont les législations sur l'environnement.
Depuis le début de mon mandat, veiller à la bonne application des lois est une de mes priorités. Cela dit, je ne cherche pas à tout prix à traîner des pays en justice. Le démarrage d'une procédure de sanction doit être vu comme un rappel de ce qui n'a pas été fait ; la plupart du temps, en quelques mois les choses se règlent et on interrompt la procédure. Seuls 10 % des cas aboutissent à une action en justice.
Les questions d'environnement sont-elles encore audibles en Europe, alors que la crise financière monopolise l'attention ?
Oui, tout à fait. Il est important de ne pas perdre de vue les sujets dont nous parlions avant la crise : le changement climatique, la sécurité énergétique, la biodiversité, la raréfaction des ressources...
Aucune de ces questions n'a disparu et la plupart ne seront pas réglées par les injections financières dans le système économique. Toutes les mesures que nous prenons pour résoudre la crise doivent garder un oeil sur le long terme.
Sur quels leviers agir ?
L'économie va être réorganisée, qu'on le veuille ou non, du fait de la crise. C'est une opportunité. A nous de la restructurer dans un sens favorable à l'environnement, de "verdir" la croissance et les emplois. Je ne pense pas que le souci de l'environnement entre en conflit avec l'économie de marché. Les ministres de l'environnement doivent commencer à parler de sujets économiques et les ministres de l'économie parler sérieusement d'environnement.
Je crois que nous devons passer de la logique d'interdiction qui sous-tend souvent la législation européenne, à une logique d'incitation. Il faut faire évoluer la structure des prix et des taxes de manière à imposer moins le travail et davantage la consommation de ressources naturelles. Cela permettra d'afficher les vrais prix et de créer de véritables incitations économiques.
Etes-vous favorable à une taxe carbone européenne ?
Oui, je suis convaincu qu'une taxe carbone s'inscrirait parfaitement dans cette logique. De nombreux pays cherchent à accroître les prélèvements. Il est de notre responsabilité de leur dire que la taxe carbone est une bonne piste, car elle permet de donner un juste prix aux ressources, ce qui a fait défaut dans le modèle économique qui a mené à la crise. Seul ce prix incitera les acteurs économiques à prendre les bonnes décisions.
Au sein de la Commission, l'action pour le climat a été séparée de l'environnement. C'est une bonne chose ?
Après six mois d'exercice, je peux vous assurer que c'était une bonne décision ! Je n'imagine pas comment j'aurais pu me consacrer aussi à l'action climatique. Le climat est un enjeu majeur mais je veux ramener sur le devant de la scène des sujets comme la biodiversité, les déchets, la qualité de l'air ou de l'eau, qui, ces dernières années, n'ont pas été traités avec suffisamment de sérieux.
Vous allez donc revoir rapidement la directive sur les plafonds nationaux d'émissions (NEC) de polluants atmosphériques, attendue depuis 2005 ?
Rapidement, non. La qualité de l'air est un enjeu majeur, qui nécessite l'adoption de normes plus contraignantes. Je ne fuis aucune responsabilité en la matière. Mais ce sont des politiques coûteuses, pour lesquelles nous avons de gros problème de mise en oeuvre. D'autres législations sur l'air doivent être revues en 2013, nous pourrons alors tout traiter ensemble, y compris la directive NEC.
Vous semblez plus favorable aux cultures d'OGM que votre prédécesseur, Stavros Dimas...
La question des OGM est désormais entre les mains du commissaire à la santé, John Dalli. Son projet de proposition est que nous fondions l'autorisation des cultures d'OGM sur les analyses scientifiques fournies par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), pour garantir que ces organismes n'ont aucune influence sur la santé et sur l'environnement. L'Europe ne sera pas un libre terrain de jeu pour les OGM.
D'un point de vue scientifique, aucun pays européen ne sera exposé au moindre risque. Cela dit, nous comprenons qu'il existe des considérations socio-économiques et des réactions émotionnelles propres à certains Etats membres. C'est pourquoi nous proposons qu'ils puissent décider de ne pas autoriser les cultures d'OGM sur leur territoire malgré l'avis de la Commission.
La France, avec d'autres pays, exige au préalable une réforme de l'EFSA. Qu'en pensez-vous ?
Nous n'avons aucune raison de ne pas faire confiance à l'institution que nous avons, tous ensemble en Europe, chargé de cette mission. Bien sûr, en tant qu'ancien commissaire à la science et à la recherche, je ne peux qu'être favorable au renforcement des capacités de recherche de l'EFSA.
L'Europe n'a pas réussi à enrayer la perte de biodiversité pour 2010. Que faut-il changer ?
Le Conseil européen a adopté, en mars, de nouveaux objectifs pour 2020 et nous allons finaliser cette année une stratégie détaillée pour éviter un nouvel échec dans dix ans. Un des enjeux importants sera de prendre en compte la biodiversité dans la politique agricole. La moitié de l'Europe est entre les mains des agriculteurs. Nous devons réveiller en eux le souci de la biodiversité, quitte à les indemniser pour ce travail de service public.
Propos recueillis par Grégoire Allix le monde
Le 30/06/2010
à 17 : 41 : 53
Un Davos pour les voitures écologiques
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mik
Le pari est osé. L'ancienne cité minière d'Alès (Gard) accueillera les 7 et 8 juillet les premières Rencontres internationales des voitures écologiques (http://rive2010-ales.fr/). Lancée par de nombreux parlementaires (notamment les membres du Club des voitures écologiques et le Groupe d'études sur l'automobile de l'Assemblée nationale), cette initiative vise à créer un «Davos de la voiture écolo» selon l'expression de Marc Teyssier d'Orfeuil, délégué général du Club des voitures écologiques.
Plutôt que de lancer les invitations sur la capitale, les organisateurs ont préféré retenir Alès. A l'entrée des Cévennes, la ville présente l'avantage d'être une ancienne ville noire qui a vécu de ses mines avant de réussir sa conversion verte il y a quelques années déjà. Résultat: des bâtiments publics aux normes HQE et un développement économique notamment axé sur les services environnementaux. Et puis il y a le Pôle mécanique avec ses cinq circuits qui permettront d'essayer des voitures écologiques après en avoir débattu.
Principalement professionnelles, ces rencontres donneront lieu à de nombreuses conférences évoquant aussi bien les voitures électriques que les hybrides ou les véhicules fonctionnant au GPL, au gaz ou aux biocarburants. Il y sera également question des aménagements nécessaires pour faire fonctionner ces véhicules ainsi que de l'importance des commandes publiques ou de flottes d'entreprises pour lancer ce marché. Les grands groupes (La Poste, GDF Suez, Keolis) évoqueront leurs expériences en la matière tandis que des constructeurs (Renault, PSA Peugeot Citroën, Honda, Heuliez) présenteront leur stratégie et leurs modèles. Quant aux interlocuteurs étrangers, ils présenteront aussi bien des initiatives brésiliennes, qu'allemandes, américaines ou italiennes. Des essais seront possibles durant les deux jours et le public aura accès à la manifestation à compter de jeudi après-midi.
«Malgré tous nos efforts pour développer les transports en commun, les villes les plus vertueuses arrivent rarement à dépasser la barre des 20% des déplacements, reconnaît Michel Destot, vice-président du Club des voitures écologiques. Il est donc essentiel de travailler sur des voitures individuelles émettant moins de CO2. La qualité environnementale de nos villes sera un point important pour y attirer les investisseurs de demain.» C'est tout l'enjeu de ces deux jours de débats et les organisateurs comptent sur des débats riches et fructueux pour pérenniser ces premières rencontres.
Le figaro
Le 28/06/2010
à 21 : 15 : 36
et de 200
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mik
Après presque deux ans et demi, le site voit naître sa 200e news. Je remercie tous les visiteurs qui sont de plus en plus nombreux.
N'oubliez pas le forum où vous pouvez écrire des messages, poser des questions, ou soumettre votre opinion.
Il n'est pas obligatoire de s'inscrire pour écrire un message.
forum
Le 25/06/2010
à 19 : 48 : 57
les effets pervers des crédits carbone
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mik
Nouvel accroc dans l'arsenal international de préservation du climat. Selon plusieurs organisations de défense de l'environnement, la moitié des économies de gaz à effet de serre financées dans les pays du Sud sous l'égide des Nations unies, grâce au mécanisme de développement propre (MDP), serait largement fictive et aurait surtout permis à l'industrie chimique d'engranger de substantiels subsides.
Pire, la méthodologie définie par les Nations unies "augmente les émissions totales au lieu de les diminuer", dénoncent CDM Watch et Noé 21. Cerise sur le gâteau, ces MDP aggraveraient également, indirectement, les atteintes à la couche d'ozone.
Le comité de méthodologie du secrétariat de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques devait rendre un avis technique sur le sujet vendredi 25 juin. Déjà, la peur de voir le bureau exécutif des MDP remettre le système à plat lors de sa prochaine réunion, du 26 au 30 juillet, affole les marchés.
Au coeur de l'affaire : le HFC23, un gaz à effet de serre généré lors de la production d'un gaz réfrigérant très demandé par l'industrie du froid, le HCFC22. La plupart des usines sont implantées en Chine et en Inde, d'autres en Corée du Sud ou en Amérique latine.
Les infrastructures industrielles de captage et de destruction de ce gaz, 11 700 fois plus nocif que le CO2, sont rapidement devenues le premier vecteur de MDP : la moitié du milliard de tonnes d'équivalent CO2 économisé grâce aux MDP de 2004 à 2012 proviendra de la destruction du HFC23.
"Il fallait amorcer la pompe des MDP, or c'était des projets plus faciles à mettre en place que ceux liés aux énergies renouvelables ou aux déchets, et rapidement rentables", estime Emilie Alberola, chef de projet recherche à la CDC Climat, filiale de la Caisse des dépôts.
Trop rentables, selon les ONG, qui jugent que la vente aux pays du Nord de crédits carbone liés à l'élimination du HFC23 a créé, pour ces industries du Sud, un effet d'aubaine et des conséquences perverses. "Le prix payé pour la destruction du gaz est jusqu'à 70 fois supérieur au coût réel de l'opération", calcule Eva Filzmoser, directrice de CDM Watch, pour qui il s'agit ni plus ni moins de "crédits bidon".
Ainsi subventionné par le MDP, le sous-produit est devenu le produit. "Les quantités de HCFC22 et de HFC23 produites apparaissent principalement guidées par la possibilité de générer des crédits carbone", analyse Lambert Schneider, ancien membre du comité de méthodologie des Nations unies.
Les industriels auraient ainsi artificiellement accru leur production et volontairement maintenu à un niveau élevé le pourcentage de HFC23 généré par le processus. Une bonne partie des gaz à effet de serre détruits grâce à l'argent des crédits carbone n'aurait en fait jamais dû être émis. "On estime que ces abus ont permis à l'industrie de percevoir un milliard de dollars chaque année", relève Chaim Nissim, de Noé 21.
Au passage, l'incitation créée par le MDP dégrade la couche d'ozone, pour laquelle les HCFC sont très nocifs. Et l'on assiste à la situation absurde dans laquelle un dispositif de l'ONU - le protocole de Kyoto - encourage la production d'un gaz dont un autre dispositif de l'ONU - le protocole de Montréal - demande l'éradication.
Un échec sur toute la ligne ? Pas tout à fait, nuance Anaïs Delbosc, pour la CDC Climat : "Auparavant, aucune régulation n'obligeait à brûler ces HFC, donc il y a bien une diminution des émissions de gaz à effet de serre, même si ces industriels auraient pu financer eux-mêmes ces mesures si une législation nationale les y avait contraints."
En attendant d'hypothétiques législations, les ONG ont soumis au comité des méthodologies une proposition de réforme qui réduirait de 90 % les crédits carbone engendrés par ce type de projet.
Ce possible tarissement inquiète les marchés. "Les investisseurs redoutent que le bureau du MDP n'applique pas seulement la nouvelle méthodologie aux futurs projets, mais impose une forme de rétroactivité : il a le pouvoir de bloquer les émissions de crédits sur les projets HFC déjà approuvés", explique Emmanuel Fages, analyste carbone chez Orbeo. Des dizaines de millions de titres attendus par les marchés pourraient ainsi ne jamais arriver. Signe de cette fébrilité, "le prix de ces crédits carbone sur les marchés à terme a commencé à monter de manière spectaculaire depuis quelques jours", observe l'analyste.
Les investisseurs ne semblent pas s'émouvoir en revanche du risque de financer de fausses réductions des émissions. Le 18 juin, l'International Emissions Trading Association, qui représente les acteurs du marché du carbone, a simplement dénoncé "la nature politique du débat et la pression qu'une telle politisation fait peser sur le régulateur".
Grégoire Allix Le monde
Le 25/06/2010
à 19 : 44 : 22
Économisez des impôts avec une maison qui consomme peu
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mik
Le conseil «éconologique» de Jean-Marc Lorach, auteur de Comment faire des économies…avec l'écologie!
Une époque semble aujourd'hui révolue: celle où les acquéreurs d'un logement neuf bénéficiaient d'un crédit d'impôt significatif, quelle que soit la performance énergétique du bâtiment concerné.
Dans la suite du Grenelle de l'Environnement, une distinction importante est à présent faite par le fisc selon que l'immeuble concerné satisfait ou non aux exigences fixées pour les bâtiments à basse consommation énergétique (BBC). Un crédit d'impôt de 40% sur les intérêts versés est accordé ainsi depuis janvier 2010, sous condition que l'acquisition soit faite dans un bâtiment certifié BBC et en résidence principale. Pendant sept ans et pour chacune des années concernées, ce crédit d'impôt est plafonné à 3750 euros pour une personne seule et 7500 euros pour un couple. Bien évidemment, le crédit d'impôt ne doit en aucun cas constituer votre unique paramètre de décision. Le prix d'acquisition, la qualité de l'immeuble, sa situation, et les économies d'énergie escomptées sont également à prendre en compte.
Les logements mis aujourd'hui en chantier répondent déjà de plus en plus fréquemment à ce label BBC qui deviendra bientôt incontournable. A compter du 1er janvier 2013, tous les nouveaux permis de construire devront en effet satisfaire à ses exigences qui fixent l'objectif maximum de consommation énergétique à 50 kWhep/m2/an dans les immeubles résidentiels neufs pour le chauffage, la ventilation, l'éclairage, l'eau chaude sanitaire et le rafraîchissement (soit six fois moins que dans le bâti existant).
Le figaro
Le 22/06/2010
à 20 : 12 : 08
Le Parlement donne son feu vert pour tester les péages urbains
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mik
Les députés et sénateurs ont donné leur feu vert à l'expérimentation du péage urbain pour les villes volontaires de plus de 300.000 habitants, alors qu'ils étaient réunis en commission mixte paritaire (CMP), mercredi 16 juin.
La CMP, composé de sept députés et de sept sénateurs chargés d'élaborer un texte de compromis entre les deux chambres, a en effet rétabli une mesure initialement inscrite dans le projet de loi, approuvée par le Sénat mais ensuite rejetée par l'Assemblée nationale. Les conclusions de la CMP doivent encore faire l'objet d'un ultime vote de chaque chambre, fin juin (le 28 juin au Sénat et le 29 à l'Assemblée).
La CMP, qui était encore en cours mercredi en fin de journée, a réinscrit les péages urbains dans le texte par 10 voix pour, 2 contre et 2 abstentions, a annoncé le sénateur UMP des Alpes-Maritimes Louis Nègre, lequel défendait le projet.
Cette expérience, souligne-t-il dans un communiqué, est assortie de trois conditions: elle ne concernera que les grandes agglomérations de plus de 300.000 habitants qui se porteront volontaires, le péage urbain "ne pourra être instauré qu'après enquête publique à charge et à décharge" et qu'à la condition qu'existe déjà "un minimum d'infrastructures de transports en commun".
Réduire les embouteillages
Pour Louis Nègre, un tel dispositif est à même d'améliorer la fluidité de la circulation et de réduire les embouteillages, avec des conséquences sensibles sur la santé des citadins en réduisant le nombre de véhicules. Enfin, le péage urbain apportera des "financements supplémentaires à destination des transports publics", estime-t-il. Selon lui, ce futur péage pourrait avoir un coût "très modique", de l'ordre de 1 à 2 euros, comme à Stockholm.
L'Association des maires des grandes villes de France a aussitôt salué cette décision qui constitue, à ses yeux, "un dispositif supplémentaire au service de la mobilité urbaine" et qui permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution, "responsable de 30.000 décès prématurés chaque année". Mais elle insiste sur le développement de transports en commun pour garantir que ce dispositif ne sera pas "discriminant socialement".
Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, avait défendu cette mesure lors du débat parlementaire de la loi Grenelle 2.
(Nouvelobs.com)
Le 21/06/2010
à 19 : 25 : 22
Mesurer le CO2 dans l'atmosphère
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mik
Partout, au fin fond de la Mongolie, au milieu de l'Afrique ou quelque part en Amérique du Sud, ils sont une centaine de volontaires d'un genre bien particulier. Des serviteurs de la science atmosphérique, des chasseurs de CO2 (dioxyde de carbone)!
Ainsi, de façon quasi quotidienne, ces hommes et ces femmes remplissent des gros flacons avec de l'air ambiant. Puis, parcourant parfois des centaines de kilomètres, ils apportent leur précieuse collecte au consulat des États-Unis le plus proche. Les récipients, loin d'avoir achevé leur périple, sont alors placés dans la valise diplomatique et expédiés afin d'arriver au plus vite à la Noaa (National Oceanic and Atmospheric Administration), dans l'État du Colorado, où ils sont analysés.
«Chasseur de carbone»
Dans ce temple de la recherche sur la météorologie et le climat, des chercheurs ont, à l'instar de leurs collègues français du LSCE-CEA (Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement), entrepris depuis quelques années de mesurer les quantités réelles de CO2 et de méthane (deux puissants gaz à effet de serre) émis dans l'atmosphère. Le programme baptisé Carbon Tracker («chasseur de carbone») vise «à évaluer année après année l'évolution des émissions de CO2 en distinguant les sources anthropiques des sources naturelles», explique Lori Bruhwiler, l'une des scientifiques travaillant sur ce programme aux États-Unis.
Les échantillons qui ont les honneurs de la diplomatie complètent en fait des relevés émanant de stations fixes. «Il en existe environ deux cents réparties dans le monde», précise Philippe Ciais, directeur de recherche au CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives). Il y en a une quarantaine en Europe et «nous espérons en disposer d'une centaine prochainement dans le cadre du programme européen Icos», poursuit le chercheur.
L'intérêt de tels relevés est évident même si, reconnaît Philippe Ciais, «il faudra encore quelques années avant que l'on puisse différencier précisément le CO2 qui émane de la nature et celui qui est lié aux seules activités humaines». Les chercheurs vont en effet pouvoir les confronter aux mesures présentées par les gouvernements, qui sont le résultat de calculs mathématiques et virtuels: quantité de pétrole ou de gaz consommés, taille des cheptels, surface des forêts…
Il faut ajouter à ces deux méthodes de mesures une troisième effectuée par les satellites. Le premier a été lancé il y a peu par le Japon. Il commence à produire des résultats. Les Américains devraient également lancer le leur en 2013 et, «en France, deux missions spatiales sont à l'étude», explique encore le chercheur. Pilotées par le Cnes (Centre nationale d'études spatiales), l'une vise la mesure du CO2 tandis que l'autre, menée en collaboration avec l'Allemagne, concerne le CH4 (méthane).
Ces mesures sont très importantes. Elles sont au cœur des grandes négociations internationales sur le climat. Notamment pour les pays industrialisés, qui, dans le cadre du protocole de Kyoto, se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et encourent des pénalités s'ils n'atteignent pas leurs objectifs.
Le Figaro
Le 19/06/2010
à 19 : 48 : 47
Barack Obama appelle à un nouveau modèle énergétique aux Etats-Unis
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mik
Langage de commandant en chef, costume sombre, Barack Obama a présenté mardi 15 juin aux Américains son "plan de bataille" contre la marée noire, lors de son premier discours dans le bureau Ovale, un décor généralement réservé aux annonces douloureuses et aux crises graves.
Deux mois après le début de la catastrophe, le président américain a tenté l'impossible : rassurer ses compatriotes tout en ne cachant pas que "l'épidémie" va durer encore plusieurs mois. Quelques heures avant le discours, le gouvernement avait rendu publiques de nouvelles estimations des quantités de pétrole qui s'écoulent dans la mer : ce ne sont plus 5, 10 ou 20 000 barils par jour mais de 35 000 à 60 000 barils - dont 15 000 seulement sont pompés pour l'instant par BP et stockés sur des navires. Le comité de scientifiques chargés d'évaluer le flot de pétrole a eu accès à de nouvelles données, révisant les chiffres à la hausse. Deux mois après l'incendie, BP a accepté de faire descendre des capteurs autour de la fuite.
A la veille de recevoir mercredi à la Maison Blanche les deux principaux responsables de BP, Carl-Henric Svanberg et Tony Hayward, pour leur demander de mettre en place un fonds d'indemnisation pour les personnes et les entités lésées, le président a pointé l'"irresponsabilité" de la compagnie. Dénonçant la "philosophie" qui voit toute régulation "avec hostilité", il a indiqué que la marée noire avait constitué une "leçon" : "Nous avons besoin de meilleures réglementations, de meilleurs standards et d'une meilleure surveillance des forages offshore".
M. Obama a indiqué qu'il souhaite aller "au-delà de la réponse à la crise du moment" et aider durablement les habitants du golfe dont le mode de vie est menacé. Il a annoncé le lancement d'un "plan de restauration du golfe", qui répondra aux "décennies de dégradation de l'environnement qui ont abouti à la disparition des marais". Ces grands travaux devront être discutés par "les collectivités locales, les pêcheurs, les tribus, les entreprises, les écologistes", a-t-il dit.
Le président a consacré presque un tiers de son intervention à plaider pour un régime énergétique différent : "Le temps des énergies propres est venu", a-t-il expliqué, rappelant que les Etats-Unis consomment 20 % de l'énergie mondiale tout en n'en produisant que 2 %. Il a comparé la réduction de la consommation de pétrole aux Etats-Unis à d'autres grands chantiers du passé, comme l'envoi de l'homme sur la Lune ou la mobilisation pour la seconde guerre mondiale, et appelé ses compatriotes à s'engager dans cette "mission nationale".
M. Obama a rappelé que la réforme de l'énergie, passée par la Chambre des représentants en 2009, attend toujours au Sénat. Les écologistes ont remarqué qu'il n'avait pas mentionné l'idée d'un marché d'émissions ou d'une taxe carbone, une manière de montrer aux républicains qu'il est prêt à faire des compromis.
L'intervention avait été bien préparée. Mardi après-midi, pendant cinq heures, les deux "incorruptibles" de la commission de l'énergie et du commerce Henry Waxman et Ed Markey, qui ont forcé BP à diffuser les images de la fuite, ont passé au gril le directeur de BP Etats-Unis, Lamar McKay, et les responsables de Chevron, Conoco, ExxonMobil, et Shell. Ils ont évoqué les négligences grossières que leur enquête a mises au jour. Dans son plan d'urgence, BP se déclarait en mesure de faire face à une marée noire de 250 000 barils par jour et s'engageait à assurer la protection des morses, entre autres animaux. "Il n'y a pas de morses dans le golfe du Mexique, a asséné Ed Markey. Et depuis trois millions d'années."
Les autres compagnies ont tenté de se désolidariser de BP. "Nous n'aurions pas percé le puits de la manière dont ils l'ont fait", a assuré Rex Tillerson, d'Exxon Mobil. Mais Ed Markey a montré que leurs plans de secours étaient "pratiquement identiques et tout aussi déficients". Comme BP, trois autres compagnies se proposaient de protéger les morses du golfe du Mexique et deux renvoyaient pour plus d'information à un scientifique, mort depuis 2005.
Henry Waxman espère faire payer les compagnies pétrolières, comme il l'avait fait pour les manufactures de tabac dans les années 1990. Mais le Congrès est loin d'être acquis à une réforme du secteur de l'énergie qui comprendrait un système de marché d'émissions, ou une tentative de mettre un prix sur le carbone. Le sénateur républicain modéré, Richard Lugar, a présenté un plan qui ne comporte pas de prix sur le carbone. Pour la plupart des républicains, l'urgence est d'abord d'arrêter la fuite et de "boucher le trou".
Corine Lesnes Le monde
Le 16/06/2010
à 16 : 59 : 16
la voiture propre a le vent en poupe en France
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mik
L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) vient de publier le palmarès 2010 des véhicules les moins émetteurs de CO², autrement dit les plus propres. En l'espace d'un an, la France est passée à la vitesse supérieure en poursuivant sa conversion aux voitures «propres». Arrivent en tête du palmarès, pour le diesel la Smart fortwo et pour l'essence la Toyota Prius (hybride).
«On est à un tournant au niveau du comportement des usagers. On achète plus petit, moins puissant», a indiqué Patrick Coroller, chef du département transports de l'Ademe. L'explication tient, selon lui, au prix du pétrole, à «l'effet radar» qui dissuade d'acheter des voitures rapides mais surtout à «l'effet bonus-malus et prime à la casse», mis en place en 2007 par le gouvernement pour amener les Français à acquérir des voitures plus «vertes».
Pour lutter contre le réchauffement climatique, la France entend diviser par quatre d'ici 2050 ses émissions de gaz à effet de serre, dont un quart proviennent aujourd'hui du secteur transport.
La France meilleure élève en Europe
Selon l'Ademe, la moitié des véhicules vendus en France en 2009 émettaient moins de 120g de CO²/km, sachant que l'objectif européen pour 2015 est une moyenne maximum de 130g de CO²/km pour les voitures neuves (et 95g en 2020). Les trois-quarts des voitures neuves vendues sur cette période émettaient moins de 140g/km. Fin 2009, la France avait la plus basse moyenne d'émission de CO² des véhicules neufs en Europe, avec 133g.
«La France est bonne élève», souligne Patrick Coroller. «En fin d'année 2010, ce qu'on prévoit est une moyenne des émissions au niveau de 130g, on serait alors dans les clous de l'objectif européen de 2015», a-t-il ajouté. Globalement, l'offre de véhicules «peu émetteurs de CO² et peu gourmands en carburant» s'est «développée de manière significative», relève l'Ademe.
Des modèles à moins de 90 g d'émission de CO² par kilomètre
L'offre de modèles émettant moins de 110g de CO²/km a «presque quintuplé ces deux dernières années», et pour la première fois dans le palmarès des véhicules les moins émetteurs de CO², les lauréats présentent des émissions inférieures à 90g de CO²/km. A noter aussi et c'est une nouveauté que le niveau moyen des émissions essence est inférieur à celui du diesel en France (131g contre 134g).
«Il y a de réelles améliorations qui sont faites», a souligné Virginie Schwartz, directrice des programmes à l'Ademe. Mais «il faut les inscrire dans un ensemble d'actions cohérentes», en développant par exemple les transports en commun, de nouveaux carburants, ou encore en changeant le «comportement des automobilistes», a-t-elle ajouté.
Leparisien.fr
Le 12/06/2010
à 15 : 30 : 59
L'Ethiopie parie sur l'énergie hydroélectrique
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mik
L'objectif du gouvernement éthiopien ne manque pas d'ambition : transformer en quelques années ce pays pauvre en puissance hydroélectrique régionale, exportatrice d'énergie, alors qu'il est actuellement l'un de ceux où l'accès de la population à l'électricité est parmi les plus bas du monde.
Pour ce faire, le premier ministre, Meles Zenawi, partisan du développement de son pays à marche forcée, n'a pas à redouter d'opposition intérieure qui viendrait à reprendre les campagnes de plusieurs organisations non gouvernementales étrangères doutant de la fiabilité des études officielles d'impact sur les écosystèmes. Meles Zenawi et son parti (l'EPRDF) règnent sans partage sur le pays.
La construction du barrage Gibe III dans la vallée de l'Omo, à 350 kilomètres au sud d'Addis Abeba, concentre ainsi les espoirs éthiopiens et les critiques des ONG. Depuis le début des travaux en 2006, un ballet de camions et d'excavatrices creuse la montagne. D'ici à 2012 s'élèvera sur ce site un barrage de 240 mètres de haut, le plus grand d'Afrique. Il alimentera une centrale hydroélectrique de 1 800 mégawatts, soit le double de la consommation totale d'électricité en Ethiopie en 2009.
Ce projet, le plus ambitieux jamais entrepris dans le pays, a provoqué une levée de boucliers de la part de groupes de défense de l'environnement. En janvier, une coalition d'ONG, comprenant notamment International Rivers et Survival International, a lancé une pétition pour demander l'arrêt des travaux. "Le barrage, s'il n'est pas arrêté, va provoquer insécurité alimentaire, faim chronique, dépendance à l'aide alimentaire, conflits parmi les populations locales pour le contrôle des, déjà, maigres ressources naturelles", affirment les pétitionnaires.
Selon eux, Gibe III et son lac de retenue long de quelque 150 kilomètres abaisseront de 10 mètres le niveau des eaux du lac Turkana. A cheval sur l'Ethiopie et le Kenya, il est alimenté à 80 % par les eaux de l'Omo. Cela menacerait la survie de plusieurs centaines de milliers de personnes dans les deux pays, affirment les ONG.
Le calcul des autorités éthiopiennes est tout autre. Depuis plusieurs années, le gouvernement éthiopien issu de l'ancienne guérilla marxiste tigréenne applique une politique active et très planifiée de développement des infrastructures. Une marche forcée qui ne s'embarrasse guère du sort des populations vivant initialement sur le tracé des chantiers. Mais pas un mois ne s'écoule sans une inauguration de route, d'université, d'école ou de dispensaire. Trois barrages ont été inaugurés au cours des deux dernières années. "La plupart de ces réalisations sont financées par des prêts ou des aides internationales, mais l'Ethiopie est l'un des rares pays d'Afrique où les projets sont menés à bien, où la corruption n'engloutit pas l'argent prévu", remarque un diplomate occidental.
Pour cette raison, Addis Abeba est choyé par les institutions financières internationales. Et lorsque celles-ci se font tirer l'oreille, le premier ministre sait fort bien jouer de la concurrence. Ce fut le cas pour Gibe III. Sollicitée, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement avaient réservé leur réponse, estimant que le pays doit diversifier ses investissements, surveiller le niveau de son endettement, mieux évaluer l'impact écologique et humain.
Qu'à cela ne tienne. L'Ethiopie a sollicité la Chine. Le 19 mai, le chef exécutif de la compagnie éthiopienne d'électricité (EEPCo), Mihret Debebe, et le président de la Dongfang Electric Corporation, Luo Zhigang, ont signé un protocole d'accord de 459 millions de dollars destinés à Gibe III.
Le coût total du barrage est estimé à 1,5 milliard d'euros (pour un produit intérieur brut (PIB) de 21 milliards d'euros en 2009), mais l'Ethiopie a décidé d'avancer les travaux avant même d'avoir bouclé le financement total de l'opération. Selon Mihret Debebe, la Banque industrielle et commerciale de Chine se serait engagée à couvrir 85 % du coût total. Et les Chinois de Sinohydro étudient déjà la construction d'un Gibe IV, toujours sur l'Omo.
Car l'Ethiopie croit en ses réserves hydrauliques comme d'autres parient sur le pétrole. "Le potentiel hydroélectrique de l'Ethiopie est énorme", affirme Debay Tadesse, chercheur à l'Institute for Security Studies (ISS) à Addis Abeba. Le gouvernement ambitionne ainsi de multiplier par neuf ses capacités de production en quelques années, passant de 1 000 à 9 000 mégawatts.
"L'Ethiopie pourrait fournir de l'électricité à une grande partie du continent", ajoute le chercheur de l'ISS. Un continent qui part de très, très loin. Selon une étude récente de la Banque mondiale, les 48 pays d'Afrique subsaharienne (800 millions d'habitants) produisent ensemble autant d'électricité que l'Espagne (45 millions d'habitants).
Ainsi, en Ethiopie, qui aime à se définir comme le "château d'eau d'Afrique de l'Est", seulement 2 % de la population rurale (80 % des 80 millions d'habitants) a accès à l'électricité. "Il est inconcevable de développer le pays sans énergie électrique. Comment faire fonctionner écoles, hôpitaux, PME, systèmes d'irrigation sans électricité ?", demande Debay Tadesse.
Au-delà du raccordement des foyers éthiopiens au réseau électrique - ce qui pose la question du développement du réseau de distribution -, l'objectif est surtout d'exporter de l'énergie et d'encaisser des devises. Ce sera prochainement le cas avec le barrage du lac Tana - où le Nil bleu prend sa source - construit par la société italienne Salini et inauguré en mai. Un contrat d'exportation vers le Soudan voisin devrait rapporter 150 000 dollars par jour à l'Ethiopie. D'autres contrats ont été signés avec le Kenya et Djibouti.
Christophe Châtelot Le monde
Le 09/06/2010
à 14 : 49 : 20
la France se classe au 5e rang européen des pays les plus écologiques
Par
mik
Bonne nouvelle pour la France : selon un classement établi conjointement par les universités américaines de Yale et de Columbia, notre pays est placé au 7e rang sur 163 en termes de performance environnementale (il se situe après l'Islande, la Suisse, le Costa Rica, la Suède, la Norvège et l'île Maurice). Dans l'Hexagone, ce résultat traduit une progression par rapport au précédent classement effectué en 2008. La France occupait alors la 10e place.
«Un beau coup de chapeau à la politique menée par la France», estime Chantal Jouanno, la secrétaire d'État à l'Écologie. «(Cela) montre surtout que l'on peut parfaitement concilier croissance économique et performance environnementale», ajoute-t-elle. «Ce classement montre que le niveau des revenus des pays est un déterminant majeur dans la réussite environnementale d'un pays», renchérit le communiqué de Yale.
Si ce raisonnement ne tient pas pour les États-Unis, qui n'occupent que la 61e place, et encore moins pour la Chine, à la 121e place, il s'applique en revanche à l'Europe, dont une vingtaine de membres se trouvent parmi les cinquante premiers. Ce constat transparaît également dans le classement de bon nombre de pays africains dont six d'entre eux ferment la marche (Niger, Togo, Angola, Mauritanie, République centrafricaine et Sierra Leone).
Dix grands indicateurs
Toutefois, «certains pays obtiennent des résultats meilleurs que ceux espérés, ce qui montre que les choix politiques influent également sur les performances», insiste Yale. C'est le cas du Chili, qui a fait d'importants investissements dans la protection de l'environnement et se place ainsi en 16e position, alors que son voisin argentin, «qui a beaucoup moins investi dans le contrôle de la pollution et dans la gestion de ses ressources naturelles», arbore le dossard numéro 70.
Pour effectuer ce palmarès, les scientifiques se sont appuyés sur dix grands indicateurs, dont l'impact de l'environnement sur la santé humaine, la qualité de l'air, la gestion de la ressource en eau, la gestion de la pêche ou de la forêt, les émissions de gaz à effet de serre, l'état de la biodiversité… La France affiche son meilleur score dans le domaine de la santé environnementale, notamment sur la gestion de ses déchets. En revanche, elle ne brille pas sur la sauvegarde de la biodiversité (56,4 sur 100), même si ce résultat la place au-dessus de la moyenne européenne. Cette question de la protection de la biodiversité est un point noir pour la plupart des 163 pays, précise encore l'étude, tout comme la pollution de l'air et ce qui a trait au changement climatique.
Des sources fragiles
Reste que l'ensemble de ces résultats repose parfois sur des sources fragiles. Certes, les universitaires se sont avant tout appuyés sur les statistiques fournies par la Banque mondiale ou par les grandes agences des Nations unies telles que la FAO (organisation pour l'alimentation et l'agriculture), ou l'UNFCCC (convention climat). «Mais beaucoup de données sont fournies par les gouvernements et ne sont donc soumises à aucune vérification», préviennent-ils . Tout en s'engageant à tout faire pour améliorer les données, Jay Emerson, professeur de statistiques à Yale, insiste : «Les résultats dégagés ne peuvent pas être plus pertinents que les statistiques qui les fondent. »
Le Figaro
Le 05/06/2010
à 18 : 59 : 17
Fin d'expédition pour "La Boudeuse"
Par
mik
La mission est avortée. L'expédition scientifique Terre-Océan, un des projets phares du Grenelle de la mer, et confiée à Patrice Franceschi, le capitaine de La Boudeuse, s'est arrêtée, mardi 1er juin 2010, à minuit.
Plus un sou en poche, rien que des dettes. Le trois-mâts parti de Brest début novembre 2009 aura parcouru à peine la moitié de sa route : traversée de l'Atlantique, étude du littoral de la Guyane française et arrivée au Venezuela, où il devait explorer le bassin de l'Orénoque. Il n'ira pas plus loin que Caracas.
Mercredi, il devait quitter le port vénézuélien pour rejoindre la base navale française de Fort-de-France, en Martinique. Et y être probablement vendu pour rembourser les créanciers. Un véritable désastre.
Tout avait pourtant commencé dans un bel enthousiasme. Le 7 janvier 2009, Patrice Franceschi recevait une lettre de mission du ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, comme en son temps, le navigateur-explorateur Louis-Antoine de Bougainville obtint la sienne de Louis XV pour guider sa frégate La Boudeuse autour du globe, de 1766 à 1769. Un parallèle historique largement mis en avant par les pouvoirs publics.
Bougainville fut le premier navigateur français à emmener avec lui des "savants" et à s'aventurer sur les mers pour des raisons plus scientifiques que militaires ou commerciales. Terre-Océan s'inscrivait dans cette tradition de l'exploration maritime française "désintéressée".
LES DONS PROMIS NE SONT PAS ARRIVÉS
Grâce aux scientifiques embarqués à son bord, la mission de deux ans, soutenue officiellement par une douzaine de sponsors et huit partenaires techniques, devait aider à mieux évaluer l'impact du réchauffement climatique sur la planète et à sensibiliser les publics rencontrés lors du périple à une écologie plus humaniste.
La première année, la navigation visait les bassins des grands fleuves d'Amérique du Sud. Au cours de la seconde, il s'agissait de visiter les îles du Pacifique menacées par les eaux. Le tout pour un budget d'environ 2,5 millions d'euros.
BNP Paribas, partenaire depuis plus de quinze ans de La Boudeuse – de 2004 à 2007, le trois-mâts réalisa un tour du monde consacré aux peuples de l'eau – est aussi son sponsor principal (500 000 euros) dans la mission Terre-Océan, acceptant d'être le banquier de l'opération, avec l'ouverture d'une ligne de crédit équivalente "aux engagements de l'ensemble des partenaires".
Mais tous les dons promis ne sont pas arrivés. Et si la banque fut un relais de trésorerie pendant plusieurs mois, elle a décidé aujourd'hui d'arrêter cette fuite en avant : au total, à peine un million d'euros a été réuni.
UN COÛT DE 50 000 EUROS PAR MOIS
Du côté de l'entourage de Patrice Franceschi, on pointe surtout du doigt le ministère de l'écologie, qui serait revenu sur une promesse verbale d'aide financière de l'ordre de 500 000 euros, crise et restrictions budgétaires obligent. Aucun commentaire officiel, pour le moment, auprès du cabinet de Jean-Louis Borloo.
In fine, les dépenses engagées – La Boudeuse coûte, en expédition, 50 000 euros par mois en moyenne – et les dettes antérieures conduisent à un trou estimé de 400 000 euros. Sur le site dédié à l'expédition, Patrice Franceschi a écrit, mercredi 2 juin, "Le dernier mot du capitaine" afin d'expliquer à ses amis l'échec de la mission : "Sans doute, l'époque n'est-elle plus à ce type d'engagement et au rêve désintéressé (…). Vous l'aurez compris, les mathématiques comptables, inexorables et implacables dans leur roide froideur, ont fini par nous rattraper et nous imposer leur joug."
Désormais, le navigateur n'a plus qu'une idée en tête: tenter d'éviter de vendre La Boudeuse pour rembourser les créanciers. Mais, sans une aide ultime, il ne voit pas comment éviter que le trois-mâts, un des derniers navires traditionnels au monde à effectuer de grandes missions d'exploration, ne se retrouve sur le marché. L'élan épique de l'aventure sera alors épuisé.
Marie-Béatrice Baudet Le monde
Le 02/06/2010
à 17 : 07 : 43
Et si la marée noire recouvrait Paris, ou votre banlieue?
Par
mik
En attendant de reboucher le puits de pétrole qui fuit au large de la Louisiane, Google maps a imaginé une carte interactive, qui permet de projeter la nappe telle qu'elle se répand dans le Golfe du Mexique sur Paris, Rome ou la ville de votre choix. C'est ici, pour pouvoir dire que nous sommes tous maintenant des pêcheurs de Louisiane.
Voici ce que ça donne pour Paris :
Libération
Le 30/05/2010
à 20 : 42 : 59